AMO Aquitaine avait donné rendez-vous à ses adhérents vendredi 27 avril, au
Pavillon de Marquèze pour une rencontre débat sur le thème du bois. Réunis dans ce bâtiment de l’architecte Bruno Mader pour le Parc Régional des Landes de Gascogne, livré en 2008, les adhérents ont donné toute leur attention aux interventions de Patrick Molinié, responsable Bâtiment Pôle Industries Bois Construction à
FCBA; Nicolas Langlet, directeur du pôle de compétitivité
Xylofutur ; Serge Bergès, coordinateur de la coopérative
Union Landaise des Industries de Sciage ;
Vanessa Larrère, architecte et de Frédéric Betbeder, responsable Pôle Construction et Aménagement Durables à
Nobatek.
Les
interventions, en premier lieu celle de Patrick
Molinié, ont très vite révélé l’existence
de pertinence ET de réticence à faire usage du bois dans la construction actuelle.
Il apparaît nécessaire que soient engagées des actions nationales pour revaloriser
la filière, de mettre à niveau les outils normatifs et réglementaires
existants, d’identifier
et lever les freins normatifs et réglementaires. L’engagement national se décline
par exemple à l’échelle du territoire aquitain, avec plusieurs actions en
cours ; étude
COBRA, collège de Saint-Symphorien, bâtiment R+5 sur le périmètre de Bordeaux
Euratlantique mené par le Groupe Pichet. Les échanges ont fait
état d’un manque de formation dans les écoles d’ingénieurs et dans les écoles
d’architecture, entraînant une faiblesse de compétence au sein des bureaux
d’étude pour accompagner les architectes. Pour autant, la transversalité doit
être convoquée pour éviter la culture « tout béton », « tout
acier » ou « tout bois ».
Nicolas
Langlet pour le pôle de compétitivité Xylofutur a
quant à lui insister sur les efforts à produire de la filière bois. Le contexte
local est à reconsolider, en re-démontrant
notamment les caractéristiques mécaniques du matériau bois en tant que matériau
de construction. Cette ambition se réalise via des essais et tests du plan Bois
(en partenariat avec FCBA), des projets innovants produits et le programme ABER
(programme d’incitation à la rénovation bâtiment en utilisant le bois local).
À la question : la filière bois française est-elle capable
de répondre aux besoins et à la demande actuels ? l’affirmative ne
fait aucun doute au regard de la ressource existante et des compétences des
entreprises. Cependant, des efforts sont à faire en terme d’innovations
technologiques, d’organisation / partenariat, de communication / promotion / marketing,
financiers et d’industrialisation (la filière bois est sous capitalisée) et de
formation.
En suivant, la parole
était donnée à Serge Bergès pour l’Union Landaise des Industries de Sciage – ULIS – qui a rappelé les atouts écologiques du bois comme matériau de
construction ancestral, matière première renouvelable et durable, au faible
coût énergétique, possédant des qualités thermiques non négligeables, tout
autant dans sa capacité à produire des déchets valorisables. Autant d’enjeux
responsables qui appellent à favoriser l’usage du bois local. Quelques chiffres
ont été aussi avancés ; l’Aquitaine est le 1er massif forestier
cultive d’Europe, la 1ère région de production et de transformation
en France, avec une filière qui génère 34000 emplois directs.
Pour conclure cette
rencontre-débat, AMO était heureuse d’accueillir Vanessa Larrère, jeune
architecte installée à Toulouse, qui nous a présenté entre autre un projet de
bureaux pour l’entreprise familiale à Liposthey (40) et primé par le Groupe Le
Moniteur. Il lui fallait créer un nouveau bâtiment administratif qui puisse
répondre à l’augmentation du personnel et assurer une cohérence avec un
ensemble de hangars désordonné. Sa jeune expérience n’a rien enlevé à la
qualité de son projet qui réinterprète en façade les partitions vides/pleins,
l’alternance, des pins de la forêt des Landes. À l’intérieur, tout est
circulation, simplicité et plénitude.
A son tour, Frédéric
Betbeder pour Nobatek a présenté un retour d’expérience sur l’opération de 15
logements bois sur la ZAC d’Arrousets à Bayonne (Arotcharen + Balch
architectes, Le Col maître d’ouvrage). Projet innovant par l’intégration de
matériaux à changement de phase dans les caissons de plancher.
Une matinée riche
d’échanges qui seront assurément repris et approfondis lors de futurs
rendez-vous AMO, et qui ont ensuite laissé place au déjeuner à la Table de
Marquèze et à une visite guidée au cœur de l’Airial. Sur cet espace enherbé, qui
constitue une forme d’habitat caractéristique et demeure une composante majeure
du paysage et du patrimoine culturel, sont disséminés de grands chênes, de
petites dépendances et des maisons à ossature de bois, avec toiture à longs
pans, façades à l’est et le plus souvent à auvents pour les maisons de maître.
Des souvenirs pour
certains, une découverte pour d’autres, en tout cas, un joli moment partagé et
instructif.








